ylvie D., conseil en communication sénior, a franchi le cap. Portée depuis le mois d’octobre chez MISSIONS-CADRES, elle revient sur les premières semaines de son activité free lance.

MISSIONS-CADRES : pourquoi avez-vous choisi le portage salarial comme statut professionnel ?

Sylvie D. : « Je travaillais depuis 5 ans dans une agence de communication comme conseil en communication globale. L’agence a été liquidée en octobre pour des raisons financières. Certains de mes clients souhaitaient poursuivre notre collaboration. J’ai donc franchi le cap sans risques en testant le portage salarial.

MC : quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Sylvie D. : C’est le passage d’une culture de salariée à celle du free-lance qui doit à la fois prospecter et réaliser son travail. C’est aussi un peu compliqué de passer en mode autonomie depuis chez soi sans contacts quotidiens avec une équipe de collègues.

RI : comment gérez-vous votre développement commercial ?

Sylvie D. : j’avoue avoir pris du retard sur ce point… J’ai eu beaucoup de travail depuis octobre et je n’ai pas réussi à dégager le temps nécessaire pour développer ma clientèle. Du coup c’est une priorité à l’ordre du jour dès le mois de janvier.

MC : comment allez-vous vous y prendre ?

Sylvie D. : Je suis beaucoup sur le terrain avec les missions que j’ai et ma vision des besoins actuels en communication sur la Haute-Savoie est assez précise. Je sais aussi que l’environnement est hautement concurrentiel avec malheureusement tout un pan de la profession qui se sous-vend, créant de la précarité pour tous dans ce métier.

Tout d’abord, j’ai besoin de développer mes outils de prospection : plaquettes, papiers et en tête, flyers et site internet. Le logo et le nom sont déjà réalisés. Ces éléments ne sont que des supports à mes entretiens b to b, outils que je ne compte pas diffuser sous forme mailing, le retour étant trop bas.

Je vais adopter la méthode de l’araignée en privilégiant le principe de proximité : je compte relancer tout le réseau des professionnels avec qui j’ai travaillé de loin ou de près, et à partir des rencontres et des informations glanées, utiliser leur force de prescription et remonter vers des professionnels qui ont des besoins. Une part de mon action consiste à démarcher les collectivités locales et les institutions de Haute-Savoie afin de me positionner par la suite sur les appels d’offres en cours de renouvellement.

Autre piste, mes contacts, coté suisse. J’ai déjà programmé une série de déjeuners en janvier afin de leur présenter mes prestations de service. Enfin, j’ai gardé des liens opérationnels avec toute l’équipe créative de l’agence dans les domaines du graphisme, de la photo et du web. En équipe, je couvre donc toutes les facettes de la communication corporate, publique et politique.

MC : et quel est votre objectif en terme de CA ?

Sylvie D. : tout d’abord fidéliser mes clients existants et diversifier mon offre, gagner trois clients réguliers en plus sur l’année et pouvoir réaliser au moins 3 ou 4 projets (campagne, stratégies de communication, …) sur une année. Si j’atteins cet objectif, je doublerai mes sources de revenus comparativement avec mon salaire en agence.

Ce que Sylvie doit améliorer : le point de vue de Bernard Béguin

Comme l’indique Sylvie, passer du salarié au mode indépendant nécessite des adaptations.

Parmi ses points faibles, notons ce qu’elle doit améliorer :

  • La reprogrammation de son agenda afin de prendre en compte ses moments de création, ses moments de réalisation, son commercial;
  • Lire les modalités de fonctionnement fournies avec le dossier d’inscription car il y a de nombreuses informations TRES UTILES;
  • La mise en place de ses outils : réseau, blog, plaquette, plaquette de définition des prestations, etc.
  • Le commercial : cible, contact…
  • Et bien sûr, les difficultés des définitions de prix. Sylvie a bien écouté les messages que nous distribuons et s’est tout de suite mise dans les bons prix … et les clients signent!

Mais parlons aussi de ses points forts :

  • Le travail en équipe, car avec ses anciens collègues, cela lui permet d’approcher des marchés que toute seule, elle ne pourrait pas obtenir;
  • La rédaction de sa note méthodologique pour les appels d’offres qui lui donne la possibilité en quelques jours d’obtenir le sésame de collectivités locales;

Nul doute que 2012 sera SA réussite !